Christine MULLER, l'enfance de l'art

LE VOYAGE

Ainsi commence le long, l’étonnant voyage…

Sur la toile, les formes s’installent et me défient. Je vais les traquer, les essouffler, les disproportionner, jusqu’à trouver leur fragile point d’équilibre.

Je vais réinventer leur lumière. Leur offrir une autre symétrie. Tenter de les rendre libres.

Je brûle d’approcher à découvert, cette inconnue qui est en moi et qu’il me faut atteindre.

Je vais construire avec rigueur dans le seul but pourtant de déconstruire.

Puis construire à nouveau sur la toile agonisante et dépouillée, un possible devenir

Je dois trouver pour mon repos, l’indispensable.

Renoncer à ce que j’aime et qui nuirait à l’harmonie. C’est le temps des choix, des séparations

C’est le temps d’aller voir de l’autre côté.

La toile reposée détient les secrets de celles à venir. Je dois mériter ma route. Elle est mon trésor et ma détermination. Bien plus que l’œuvre elle-même.

Déroutant ballet ou se mêlent étroitement, gravité et légèreté...

Christine Muller